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  • Tribune de soutien à notre collègue doctorant en sociologie Samuel Legris

Notre jeune collègue Samuel Legris, ancien étudiant de l’ENS Paris-Saclay et doctorant en sociologie à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) et à l’INSERM a été interpellé de manière préventive en amont de la manifestation « contre la vie chère ». Il est convoqué le 19 janvier 2023 pour une composition pénale.

Le 10 décembre 2022, Samuel Legris devait se rendre à une manifestation « Appel national contre la vie chère » à Montpellier, dans le cadre de sa thèse de sociologie sur les mouvements sociaux contemporains. Sa recherche s’inscrit également dans un projet financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR GILETSJAUNES) et a donné lieu à des publications et contributions scientifiques qui attestent du sérieux et de la rigueur de son travail. Comme il est d’usage dans une enquête ethnographique, Samuel Legris était accompagné de trois personnes auprès desquelles il enquête. Aux abords de Montpellier, il a été interpellé « préventivement » par la police avec ces trois personnes et tous ont été placés en garde à vue. En dépit d’un ordre de mission établi par son laboratoire et présenté au Commissariat, Samuel Legris n’a été libéré que 24 heures plus tard, rendant impossible l’accomplissement de son travail. En outre, il est convoqué pour une composition pénale le 19 janvier 2023 pour avoir « participé sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou de dégradations de biens, avec cette circonstance que les faits ont été commis lors d’un déroulement de manifestation sur la voie publique » (article 222-14-2 du Code Pénal). Il risque jusqu’à un an de prison et 15 000€ d’amende pour avoir simplement fait son métier de sociologue, sans avoir eu la possibilité de se rendre sur les lieux de la manifestation et sans avoir commis d’actes répréhensible.

Cette atteinte aux libertés de manifester suscite une profonde inquiétude sur la possibilité de mener des recherches sur les mouvements sociaux.

En dépit du soutien de sa directrice et de son directeur de thèse ainsi que de son directeur de laboratoire, la présidence de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) a exprimé oralement son intention de refuser la protection fonctionnelle à laquelle Samuel Legris a droit, en tant que doctorant financé de l’UPPA, au motif qu’il n’avait pas précisé qu’il était conducteur et propriétaire du véhicule du co-voiturage indiqué dans l’ordre de mission.

Nous appelons la Présidence de l’UPPA à revenir sur ce refus et la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à faire respecter les libertés académiques.

Ces atteintes aux libertés fondamentales et aux libertés académiques compromettent les recherches actuelles et futures sur de nombreuses thématiques et en particulier sur les mouvements sociaux. Elles mettent en péril la diversité des sujets traités par nos disciplines.

Nous appelons l’ensemble des collègues de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR) à apporter publiquement leur soutien à Samuel Legris. Nous invitons les personnels de l’ESR à signer et à partager cette tribune pour afficher la solidarité de notre communauté académique avec Samuel Legris et au-delà, l’attachement à la possibilité d’enquêter.

Tout le monde peut signer la tribune de soutien, ESR ou non ! Merci à vous

Pour apporter mon soutien et ajouter mon nom à la liste des signataires :